SITE_LUZERNE 2013-2
La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !
La culture
La fumure
La fertilisation est la première clé de la pérennité.
Connaître les besoins de la parcelle en éléments majeurs (CaO, P2O5, K2O, MgO) et savoir corriger ses carences, pour optimiser le potentiel de production de la parcelle. Réalisée deux à trois ans avant l'implantation de la luzerne, l'analyse vous renseigne sur l'aptitude de votre sol à recevoir cette culture




Les besoins
Exportation de la luzerne dans une tonne de matière sèche
Exportation de la luzerne dans une tonne de matière sèche
  • Calcium
Pour des pH inférieurs à 6,5, le chaulage est nécessaire avant l'implantation. Les exportations par la luzerne sont de 30 kg de CaO pour 1 tonne de MS. L'enfouissement d'une tonne de CaO à l'hectare peut être suffisant pour assurer un bon développement de la plante.

  • Potasse
La potasse a un rôle très important dans la croissance de la plante et pour sa résistance au froid.
Dans un système d'exploitation à 4 coupes, les exportations en potasse sont en moyenne de 30 kg pour 1 tonne de MS. Suivant le potentiel de production de la parcelle, il faut répartir entre 650 et 800 kg de K2O en 3 ans pour deux années de production.
La répartition de cette quantité peut se faire sur le précédent, avant le semis de la luzerne, durant l'hiver ou au printemps aussitôt la première coupe.
La potasse peut migrer en profondeur mais le système racinaire de la plante est capable de récupérer les éléments lessivés.
Attention : une surévaluation du potentiel de production conduit à des apports trop élevés et des consommations de luxe de potasse.
Dans les sols de craie, le niveau moyen de potasse échangeable est de 300 ppm. Cette réserve permet de de tamponner les besoins d'une production annuelle supérieure au potentiel prévu.

  • Anhydride phosphorique
C'est un élément indispensable à la vie de la plante. Il migre peu dans le sol. De plus dans les sols calcaires, le phosphore est en partie insolubilisé donc partiellement disponible pour l'alimentation de la plante.
La luzerne exporte 6 kg de P2O5 par tonne de matière sèche produite. Pour deux années de production, comprise entre 11 et 13 t. de MS/an, en comptant la partie indisponible pour la plante, il faut apporter entre 200 et 240 kg de P2O5 maximum avant le labour.
Pour trois années de production, il est possible d'apporter en couverture 100 kg de P2O5 l'hiver, entre la deuxième et la troisième année de production. La plante peut également disposer d'une partie des réserves du sol. Dans les sols de craie, ces teneurs sont en moyenne de 230 ppm de P2O5 soluble.

  • Magnésie
Cet élément entre en compétition dans l'alimentation de la plante avec le potassium en sol de craie. Au sol, l'équilibre recherché dans le rapport K/Mg s'établit entre 2 et 5. La plante, pour sa part, exporte peu de magnésie (3 à 3,5 kg/tonne de MS).
Pour un potentiel annuel de 13 t. de MS/ha, il faut apporter 40 kg/ha/an. Cet apport peut être cumulé pour les deux années et apporté avant le labour.

Les phénomènes de carence
La carence vraie est très rare. Elle traduit une teneur du sol insuffisante pour l'élément.
La carence induite est plus facilement rencontrée. Elle est due soit à un déséquilibre dans les apports (exemple K/Mg), soit à des conditions climatiques empêchant momentanément l'assimilation de l'élément dans certains sols.
La carence en potasse est l'exemple de la carence vraie : phénomène rarissime, aujourd'hui elle se retrouve dans les sols à faible teneur en potasse (moins de 100 ppm). Elle se caractérise sur la plante par des petits points sur les folioles. Des déficits de production importants se manifestent avant d'arriver à ce stade.
La carence en magnésie peut être vraie (teneur du sol insuffisante) mais également induite par un déséquilibre du rapport K/Mg du sol.

Les carences en oligo-éléments
Le manque de molybdène est responsable d'une mauvaise alimentation azotée de la plante. L'excès de molybdène dans le végétal risque par contre d'intoxiquer l'animal.
La correction de la carence se fait par un apport de 300 g/ha de molybdate d'ammonium à appliquer au redémarrage au printemps.
Le cas de la carence induite en bore se rencontre dans les sols calcaires insuffisamment pourvu. Un chaulage excessif peut générer une carence en bore. Il faut réaliser un apport de 2 kg de bore élément/ha enfoui avant l'implantation si le sol est insuffisamment pourvu. Dans un assolement avec betteraves recevant du bore, on n'observe pas de carence sur luzerne.
L'apport d'un oligo-élément ne doit se faire que sur une carence constatée. Il faut éviter les apports en période d'exploitation.
Azote et luzerne
Grâce à la fixation symbiotique et l'absoption racinaire de l'azote minéral du sol, la luzerne assure elle-même sa nutrition azotée. Pour 13 tonnes de matière sèche annuelle, un besoin de 430kg d'azote/ha/an.

La luzerne a la capacité d'assurer sa nutrition azotée grâce à la fixation symbiotique mais également par la voie de l'absorption racinaire de l'azote minéral du sol.

Lorsque la quantité d'azote minéral du sol est importante, l'absorption de cet azote minéral est majoritaire et la luzerne complète son alimentation par la fixation symbiotique de l'azote atmosphérique.
Les conclusions du groupe "Fertilisation Azotée des légumineuses" du CORPEN pour la luzerne, sont les suivantes :

Effet de l'azote sur la luzerne

La fertilisation azotée minérale ou par des produits organiques n'a pas d'effet ni sur le rendement ni sur la qualité (teneur en protéines) de la luzerne.

Effet de la luzerne sur les risques de fuite en nitrates

Par son enracinement profond et sa pérennité, ses besoins en eau et l'utilisation privilégiée de l'azote minéral présent dans le sol, la luzerne en place limite sensiblement le lessivage des nitrates.

Effet d'un apport d'azote sur les risques de fuites en nitrates

Sur luzerne, l'apport raisonné d'effluents agro-industriels, ou d'élevage contenant de l'azote organique, n'entraîne pas d'augmentation du risque de lessivage de nitrates, en cours de culture ou après retournement de la luzerne.

Actuellement, seules les agro-industries bénéficiant d'un plan d'épandage déjà approuvé peuvent épandre leurs effluents sur luzerne.
Pour les effluents d'élevages bovins-viandes et porcins, les arrêtés ministériels du 1er juillet 1999 parus au Journal Officiel le 14 septembre 1999 autorisent les épandages sur luzerne dans la limite de 200 kg d'azote/ha/an.

L'épandage doit se faire dans le respect des obligations réglementaires préconisées par les programmes d'action "Directive Nitrates" et la réglementation "Installations Classées".

Le groupe du CORPEN a également rédigé les recommandations techniques ci-dessous, à respecter dans le cadre d'épandage sur luzerne destinée à la fauche:
  • TYPE D'EFFLUENTS
Les effluents organiques solides peuvent être happés par les engins de récolte et se trouver mélangés au produit récolté, ce qui rend leur épandage déconseillé. Les effluents liquides peuvent par contre être épandus sans traitement préalable.
  • CALENDRIER D'EPANDAGE
Les épandages d'effluents organiques ne peuvent être réalisés que sur luzerne pure destinée exclusivement à la fauche. Ils doivent avoir lieu sur une culture installée, à partir de la première coupe de la première année d'exploitation. En année de production, les apports peuvent avoir lieu après chacune des 3 premières coupes (ou des 4 premières coupes si 5 coupes sont réalisées). Toutefois, en dernière année d'exploitation, ils sont à proscrire après les 2 dernières coupes, afin que la luzerne puisse absorber l'azote minéral présent dans le sol avant retournement de la culture. D'une manière générale, ils sont réalisés en dehors des périodes de drainage.
  • CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE
Les épandages ont lieu dans les quelques jours suivant la coupe, avant repousse des plantes : les effluents ne risquent alors pas de souiller les parties aériennes qui seront récoltées.
  • APRES LA LUZERNE
Une culture doit être installée après destruction de la luzerne pour limiter les risques de lessivage de nitrates. Lors d'une destruction en automne après la dernière coupe, une culture d'hiver doit être implantée rapidement. Par contre si une culture de printemps doit suivre, le retournement de la luzerne ne devra pas être réalisé en automne juste après la dernière coupe mais seulement en fin d'hiver avant la reprise de croissance de la luzerne ; cela permet d'éviter d'avoir une situation de sol nu.


UNE PHYSIOLOGIE
HORS DU COMMUN