SITE_LUZERNE 2013-2
La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !
Des produits adaptés
Equins: un fourrage bien adapté
La luzerne est bien adaptée à l’alimentation équine. Elle permet un apport de protéines de qualité, présente une forte appétence et peut jouer un rôle bénéfique pour la santé digestive.

Les pratiques d’alimentation chez le cheval varient fortement entre pays. Concernant la luzerne, il est beaucoup plus fréquent d’observer de grandes quantités distribuées aux Etats-Unis qu’en France.

Ceci tient notamment à la mauvaise image qu’ont les protéines dans la filière équine française. En effet, de forts apports protéiques ont longtemps été assimilés à différentes maladies : coliques, fourbures, etc.

Pourtant, les travaux scientifiques de ces dernières décennies ont mis en évidence que le facteur de risque alimentaire majeur pour ces maladies était l’excès d’énergie, principalement l’excès d’amidon, et non l’excès de protéine.
Intérêt nutritionnel
En comparaison de foin de prairie naturelle standard, le foin de luzerne ou la luzerne déshydratée apporte une quantité d’énergie équivalente, mais en moyenne trois à quatre fois plus de protéines.
Parmi les autres différences majeures, la teneur en calcium est quatre à cinq fois plus élevée dans le foin de luzerne que dans le foin de prairie naturelle.
Chez le cheval, la digestibilité de la matière sèche, de la matière organique, de la cellulose et des protéines est plus élevée pour le foin de luzerne que pour le foin de graminées (respectivement +20%, 15 %, +10 % et +10 % environ).
Les besoins et apports protéiques des équins sont raisonnés sur l’ensemble des apports aminés, en protéines brutes ou en protéines digestibles suivant les pays. Avec une alimentation traditionnelle, le premier acide aminé limitant est généralement la lysine, suivi de la thréonine et de la méthionine.
La protéine idéale n’est pas encore déterminée chez le cheval. 
Cependant, il est supposé que son profil aminé doit s’approcher de celui de la protéine de lait et de la protéine de muscle squelettique. Le profil aminé de la luzerne est comparable au profil de ces protéines. La digestibilité antécæcale des acides aminés essentiels chez le cheval variant de 65 à 100 % suivant l’acide aminé considéré, la couverture des besoins en lysine permet d’assurer la couverture dans tous les acides aminés essentiels.
Profil aminé de la luzerne au regard des protéines de lait et de muscle squelettique

D’un point de vue nutritionnel, l’apport d’aliments riches en protéines est important principalement pendant la croissance des poulains et pendant la gestation et la lactation des juments. Durant ces périodes, les besoins protéiques augmentent proportionnellement plus que les besoins énergétiques.
A titre d’exemple, une jument au pic de lactation voit ses besoins énergétiques doubler, mais ses besoins protéiques tripler. En augmentant uniquement les quantités sans modifier les compositions des rations lors de ces périodes, des carences protéiques peuvent apparaître. Chez le jeune, une restriction protéique peut être à l’origine de troubles de la croissance et de problèmes ostéo-articulaires. Chez la jument, ceci peut entraîner une baisse de rendement et de fertilité.
Effet tampon dans l’estomac plusieurs heures après le retrait de la luzerne


Intérêt appétence
Le cheval est un animal très sélectif qui trie attentivement les aliments qu’il ingère. L’appétence des aliments proposés impacte fortement la consommation volontaire.
En comparaison des foins de graminées, le foin de luzerne offre une meilleure appétence. Ceci se traduit par une plus grande quantité consommée volontairement lorsque le foin est laissé ad libitum au cheval. Ceci se vérifie également lors de « cafétéria tests » : quand plusieurs foins sont proposés conjointement, les chevaux se tournent préférentiellement vers le foin de luzerne.
Entre une présentation sous forme de brins courts, de brins longs ou de granulés, il ne ressort pas de différence significative dans la consommation volontaire de luzerne.
Quantités moyennes consommées lorsque les trois foins sont laissés en même temps en libre accès à des chevaux pendant deux fois 3 heures par jour
Intérêt santé
D’un point de vue épidémiologique, la distribution de luzerne apparaît comme un facteur de protection contre l’apparition et le développement
des ulcères gastriques. Cette maladie correspond à une érosion de la muqueuse de l’estomac, généralement causée par l’acidité. Les ulcères gastriques peuvent toucher tous les types de chevaux. Les prévalences sont cependant plus importantes chez les chevaux athlètes à l’entraînement ou en compétition : en fonction des activités physiques, entre 50 et 100 % des chevaux présentent des ulcères.

Il a été observé qu’après distribution de foin de luzerne, le pH gastrique du cheval restait élevé après plusieurs heures de jeûne, alors qu’il chute lorsque le jeûne intervient après consommation de foin de graminées. Cet effet tampon pourrait expliquer que la luzerne limite le développement des ulcères gastriques.
Les études conduites à ce jour ne permettent pas de conclure quant à la quantité de luzerne à distribuer pour observer un effet bénéfique.

Enfin, l’ingestion de luzerne semble limiter l’acidose intestinale associée à la consommation de céréales. Ce pouvoir tampon dans le gros intestin pourrait minimiser les perturbations de l’écosystème microbien, permettant une meilleure digestibilité de la ration et un risque moindre de maladies digestives.
UNE CULTURE DE CHOIX
POUR TOUS LES ELEVAGES