Les besoins Calcium
Pour des pH inférieurs à 6,5, le
chaulage est nécessaire avant l'implantation.
Les exportations par la luzerne sont de 30
kg de CaO pour 1 tonne de MS. L'enfouissement
d'une tonne de CaO à l'hectare peut être
suffisant pour assurer un bon développement
de la plante.
Potasse
La potasse a un rôle très important
dans la croissance de la plante et pour sa résistance
au froid.
Dans un système d'exploitation à
4 coupes, les exportations en potasse sont
en moyenne de 30 kg pour 1 tonne de MS. Suivant
le potentiel de production de la parcelle, il
faut répartir entre 650 et 800 kg de K2O
en 3 ans pour deux années de production.
La répartition de cette quantité
peut se faire sur le précédent,
avant le semis de la luzerne, durant l'hiver ou
au printemps aussitôt la première
coupe.
La potasse peut migrer en profondeur mais le
système racinaire de la plante est capable
de récupérer les éléments
lessivés.
Attention : une surévaluation du potentiel
de production conduit à des apports trop
élevés et des consommations de luxe
de potasse.
Dans les sols de craie, le niveau moyen de potasse
échangeable est de 300 ppm. Cette réserve
permet de de tamponner les besoins d'une production
annuelle supérieure au potentiel prévu.
Anhydride phosphorique
C'est un élément indispensable
à la vie de la plante. Il migre peu dans
le sol. De plus dans les sols calcaires, le phosphore
est en partie insolubilisé donc partiellement
disponible pour l'alimentation de la plante.
La luzerne exporte 6 kg de P2O5 par tonne
de matière sèche produite.
Pour deux années de production, comprise
entre 11 et 13 t. de MS/an, en comptant la partie
indisponible pour la plante, il faut apporter
entre 200 et 240 kg de P2O5 maximum avant le labour.
Pour trois années de production, il est
possible d'apporter en couverture 100 kg de P2O5
l'hiver, entre la deuxième et la troisième
année de production. La plante peut également
disposer d'une partie des réserves du sol.
Dans les sols de craie, ces teneurs sont en moyenne
de 230 ppm de P2O5 soluble.
Magnésie
Cet élément entre en compétition
dans l'alimentation de la plante avec le potassium
en sol de craie. Au sol, l'équilibre recherché
dans le rapport K/Mg s'établit entre 2
et 5. La plante, pour sa part, exporte peu de
magnésie (3 à 3,5 kg/tonne de
MS).
Pour un potentiel annuel de 13 t. de MS/ha, il
faut apporter 40 kg/ha/an. Cet apport peut être
cumulé pour les deux années et apporté
avant le labour.
Les phénomènes
de carence
La carence vraie est très rare. Elle traduit
une teneur du sol insuffisante pour l'élément.
La carence induite est plus facilement rencontrée.
Elle est due soit à un déséquilibre
dans les apports (exemple K/Mg), soit à
des conditions climatiques empêchant momentanément
l'assimilation de l'élément dans
certains sols.
La carence en potasse est l'exemple de la carence
vraie : phénomène rarissime, aujourd'hui
elle se retrouve dans les sols à faible
teneur en potasse (moins de 100 ppm). Elle se
caractérise sur la plante par des petits
points sur les folioles. Des déficits de
production importants se manifestent avant d'arriver
à ce stade.
La carence en magnésie peut être
vraie (teneur du sol insuffisante) mais également
induite par un déséquilibre du rapport
K/Mg du sol.
Les carences en oligo-éléments
Le manque de molybdène est responsable
d'une mauvaise alimentation azotée de la
plante. L'excès de molybdène dans
le végétal risque par contre d'intoxiquer
l'animal.
La correction de la carence se fait par un apport
de 300 g/ha de molybdate d'ammonium à appliquer
au redémarrage au printemps.
Le cas de la carence induite en bore se rencontre
dans les sols calcaires insuffisamment pourvu.
Un chaulage excessif peut générer
une carence en bore. Il faut réaliser un
apport de 2 kg de bore élément/ha
enfoui avant l'implantation si le sol est insuffisamment
pourvu. Dans un assolement avec betteraves recevant
du bore, on n'observe pas de carence sur luzerne.
L'apport d'un oligo-élément
ne doit se faire que sur une carence constatée.
Il faut éviter les apports en période
d'exploitation. |