Les apports des
constituants de la luzerne
L'énergie
est un des principaux nutriments apportée
par l'alimentation. L'énergie contenue
dans la luzerne par la matière organique
est diversement valorisée selon les espèces.
Alors que les contenus cellulaires sont totalement
digérés, les parois cellulaires
(ou fibres) composées de cellulose, d'hémicellulose
et de lignines présentent des digestibilités
variées. Les parois cellulaires constituent
toutefois l'essentiel de l'énergie disponible
chez la luzerne. Cette source d'énergie
est valorisée par les herbivores. Cette
énergie est estimée en laboratoire
par la mesure de la dMO (digestibilité
de la matière organique) : plus cette valeur
sera élevée, plus la luzerne contiendra
d'énergie. Les luzernes les plus jeunes
(et les plus riches en protéines) sont
celles qui contiennent le plus d'énergie.
En général (chez la vache laitière
par exemple), on recherche des luzernes ayant
des valeurs énergétiques les plus
élevées possibles.
La
luzerne est connue pour sa production de protéines
à l'hectare (de 2,5 à 3 t/ha). Cela
en fait une culture de choix pour tous les élevages.
Tous les consommateurs de luzerne déshydratées
valorisent ces protéines, les besoins sont
modulés selon les espèces et leurs
stades physiologiques : ainsi les vaches laitières
hautes productrices auront des besoins de luzerne
à plus de 22 % de protéines alors
qu'on limitera le taux protéique chez les
lapins à 17 %.
Les
parois cellulaires (structurées sous forme
de fibres dans la plante) sont le constituant
le moins digestible des luzernes. Le métabolisme
digestif des herbivores nécessite la présence
de fibres végétales plus ou moins
grossières dans la ration (les monogastriques
ont aussi cette exigence mais à un degré
relativement moindre). Ces fibres se caractérisent
par une fraction chimique (cellulose) et/ou par
une présentation physique (brins longs).
Selon les animaux consommateurs, la demande portera
sur la garantie du critère chimique et/ou
du critère physique : ainsi, chez le lapin,
les fabricants d'aliments composés recherchent
des luzernes apportant une garantie de teneur
en cellulose brute (proche de 30 %) alors que
chez les gros ruminants conduits de façon
intensive, cette "cellulose brute" devra
être structurée en "brins longs"
pour être efficace.
La teneur en cellulose brute décroît
avec l'élévation de la teneur en
protéines des luzernes déshydratées.
Par ailleurs, le critère cellulose brute
tend à être de moins en moins utilisé
en nutrition animale, pour être remplacé
par les critères NDF, ADF et ADL qui permettent
de quantifier trois types de fibres (les hémicelluloses,
la cellulose et les lignines).
Traditionnellement
utilisée depuis de nombreuses années
dans de nombreux pays, la luzerne déshydratée
est une source reconnue de xanthophylles naturelles
et de carotène. Ces caroténoïdes
ont des propriétés pigmentantes
et vitaminiques. Ces molécules très
fragiles, sensibles à la lumière
et à l'oxydation,font l'objet de soins
très attentifs au moment de la récolte.
Le carotène et les xanthophylles sont très
proches d'un point de vue chimique et l'évolution
de leur teneur dans la plante suit celle du taux
protéique. Les xanthophylles sont valorisées
en aviculture pour la pigmentation en jaune des
œufs et des poulets de chair. Les propriétés
du carotène sont avant tout à rechercher
dans le domaine de la santé (en tant que
précurseur de la vitamine A notamment),
les marchés concernant les ruminants sont
les plus exigeants vis à vis de ce composé.
Afin de proposer des produits encore plus riches
demandés par le marché, des procédés
d'extraction plus ou moins complexes sont mis
en œuvre dans les usines de déshydratation.
Egalement riches en matières minérales
(dont le taux varie dans le même sens que
la teneur en protéines), les luzernes déshydratées
permettent un apport de calcium nécessaire
à l'entretien du squelette et de phosphore
facilement assimilable (par rapport au phosphore
contenu dans les céréales), de magnésium
et de potassium (intervenant dans la régulation
des échanges inter-cellulaires), ainsi
que divers oligo-éléments. Ces teneurs
vont aussi être influencées par la
nature des sols et les fertilisations pratiquées.
Constance et
régularité
Afin de raisonner et d'optimiser l'alimentation
des élevages, les utilisateurs doivent
pouvoir compter sur des produits de composition
constante. La filière luzerne s'est dotée
très tôt d'outils de contrôle
pour connaître les produits qu'elle était
susceptible de mettre sur le marché et
pour gérer la qualité analytique
des livraisons réalisées auprès
des clients. Cette maîtrise et ce savoir-faire
sont reconnus unanimement par la profession de
l'alimentation animale et justifie la persistance
de la luzerne déshydratée comme
base pour la fabrication d'un certain nombre d'aliments.
Par ailleurs, cet avantage par rapport à
d'autres matières premières d'origines
diverses permet aussi de mieux se développer
sur le marché de la consommation en l'état.
Disponibilité
permanente
L'organisation
du stockage et de la mise sur le marché
de façon quasi exclusive par les producteurs
permet au marché de pouvoir être
alimenté tout au long de l'année
sans risque de pénurie. Les changements
intervenant dans la composition des régimes
des animaux d'élevage perturbent assez
fortement leurs performances zootechniques. La
régularité d'approvisionnement en
un produit de composition constante tout au long
de l'année est un élément
apprécié par ceux qui élaborent
des rations en élevage.
Sécurité
alimentaire et traçabilité
La
culture de la luzerne déshydratée
se fait avec un minimum d'intrants phytosanitaires,
réduisant de cette façon les risques
de présence de résidus ultérieurs.
Le processus de déshydratation à
haute température ainsi que la quasi absence
de flore microbienne potentiellement toxinogène
spécifique du stockage de la luzerne déshydratée
conduisent à une inexistence de risque
de toxicité lors de la consommation de
ce produit par les animaux. L'utilisation des
boues résiduaires en tant qu'élément
fertilisant est très réglementée
par la profession (leur apport est notamment interdit
en couverture pour des raisons évidentes
de risque de contamination des parties aériennes
qui seront ensuite récoltées). La
production de luzerne n'est pas concernée
par les avancées récentes en matière
de biotechnologie et de production d'organismes
génétiquement modifiés. En
dehors de la luzerne, les composés entrant
dans la fabrication des granulés de luzerne
déshydratée sont très rares
et leur incorporation est strictement contrôlée
et identifiée pour le consommateur.
L'ensemble de ces raisons font que la filière
est en mesure aujourd'hui d'offrir une sécurité
alimentaire certaine à ses clients. Cette
sécurité est confortée par
les outils disponibles en matière de certification,
et elle est d'autant plus aisée à
mettre en œuvre que la filière qui
conduit le produit depuis le champ jusqu'à
l'animal est courte.
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