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Qualité
et qualités commerciales
L’évolution du marché a amené la filière à segmenter sa gamme de produits et à
définir de nouveaux cahiers des charges
en matière de production. Traditionnellement
le principal critère qualitatif
en production de luzerne déshydratée
est le taux de protéines, qui est aussi
un indicateur de la valeur nutritionnelle
des luzernes déshydratées pour d’autres
paramètres. Le taux a sensiblement progressé
depuis les années 90. Cette évolution s’est faite au prix d’une
diminution des intervalles de coupe et
d’un démarrage de début de campagne
plus précoce, ce qui conduit aujourd’hui à exploiter les luzernières en 4 à 5 coupes
(contre 3 précédemment). La poursuite
dans ce sens est possible, mais la limite
viendra de l’altération de la pérennité des
luzernières si le raccourcissement des
intervalles de coupes ne permet pas une
reconstitution suffisante des réserves
racinaires.
Le développement de la consommation en
l’état fait par ailleurs naître de nouveaux
besoins sur les caractéristiques des
produits. Ainsi une part du marché exige
des taux de cellulose et de fibres (critères
variant en sens inverse du taux de
protéines) minima. Pour ces produits
fibreux, des conditionnements nouveaux
(balles, gros bouchons, cubes…) voient le
jour et nécessitent des investissements de
production
Les techniques de déshydratation
La majeure partie des installations
fonctionne actuellement avec du charbon
ou de la lignite. Trois entreprises
consomment de la sciure de bois et une
entreprise utilise du biogaz issu d’une
installation de fermentation d’ordures
ménagères.
Compte tenu de l’importance du poste
énergie dans le prix de revient de la
luzerne déshydratée, les usines ont très
vite travaillées sur les techniques favorisant
les rendements thermiques.
Dès le début des années 70, les entreprises
ont développé le système de
recyclage des gaz. Il s’agit d’utiliser une
partie des gaz en sortie de cheminée pour
les réintroduire au niveau du four pour
faciliter ainsi la combustion du combustible
fossile en limitant les apports d’airfroid extérieur. Cette technique a permis
d’économiser de 5 à 10% d’énergie.
Le développement de procédés permettant
de récupérer les calories latentes des
fumées sortie sécheurs a ensuite constitué
un pas décisif. Il s’agit de condenser
la vapeur produite par l’évaporation du
fourrage et de récupérer ainsi les calories
qui auront été dégagées lors de la condensation.
Ces calories peuvent ensuite être valorisées par d'autres moyens de
séchage et d'évaporation. L'un d'entre eux
est appelé « sécheur basse température »
ou « pré sécheur » : le fourrage est alors
séché en parallèle ou en préséchage sur
de grands tapis traversés par un flux d'air
chaud, produit à partir des calories
récupérées. L'économie d'énergie est de
l'ordre de 15 à 20%.
L’évolution de ces techniques a permis aux
industriels d’atteindre de très bons
rendements thermiques, parfois même
très proches du rendement théorique c
’est-à-dire le rendement sans aucune
perte d’énergie !
D’autres techniques ont vu le jour, tel le
procédé PX. Ce process dit « voie humide »
consiste à presser la matière verte
et permet de produire les « extraits
concentrés de luzerne » riches en
protéines et en pigments naturels
(chlorophylle et xanthophylles) avec
une consommation énergétique moindre.
Ce fractionnement permet aussi de
concentrer les jus résiduels dans lesévaporateurs sous vide.
Coûts
de la déshydratation
Le coût de l’énergie a longtemps été
le principal facteur sur lequel on pouvait
jouer pour maîtriser le coût de revient
de la déshydratation. Il le redevient
aujourd’hui après le calme relatif
des années 80. Les outils de productions
(chaîne de récolte, four, tambour,
presses, silos…) doivent être employés
au maximum. L’existence d’activités de
déshydratation complémentaires comme
la pulpe de betterave permet un bien
meilleur amortissement des structures.
Dans la même perspective, au niveau
d’une usine, la recherche de surfaces
permettant de saturer l’outil de production
est intéressante, par contre elle fragilise
la capacité d’adaptation et de réaction de
l’usine à des conditions (climatiques par
exemple) d’exploitations trop éloignées
de la normale.
Organisation
des chantiers de récolte
L’optimisation du fonctionnement d’un
outil industriel passe par la maîtrise de
son approvisionnement. Afin d’assurer
une marche de l’usine la plus régulière
possible, gage d’un moindre nombre
d’incidents ou d’arrêts toujours coûteux,
les récoltes des luzernières ont lieu durant
les périodes de fonctionnement de l’usine
c’est-à-dire 24 heures/24 en général.
L’assurance d’un compromis entre quantité
et qualité sur l’ensemble d’une campagne
et la nécessaire optimisation de la
logistique en vue de limiter les coûts
de transport d’eau, qui sera finalement évaporée ou épandue, nécessite d’organiser
les récoltes en :
• tenant compte de l’état de végétation au
démarrage de la campagne,
• intégrant la localisation des parcelles,
préservant la pérennité des luzernières
(et en particulier des plus jeunes),
• tenant compte de l’accessibilité des parcelles
pour le matériel de récolte (selon les
types de sols et la climatologie).
En général, les luzernières de première
année sont récoltées après les plus
anciennes (deuxième et troisième années).
Ce choix permet aux plantes issues
des semis de un an d’achever le développement
de leur système racinaire qui est
aussi l’organe de réserve qui assurera leur
pérennité. Les intervalles de coupe sont
de l’ordre de 40 à 45 jours, ils peuvent être variables en fonction des conditions
de végétation et des qualités de luzerne
recherchées en réponse aux cahiers des
charges issus du marché. Les parcelles
coupées précocement permettent d’avoir
accès à des luzernes de haute valeur
protéique et énergétique, elles pourront
subir une coupe supplémentaire ou être
libérées plus tôt à l’automne pour
l’implantation d’un blé.
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