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Luzerne & agronomie > La filière > Débouchés traditionnels
> Des herbivores aux monogastriques
> Deux façons de consommer de la luzerne déshydratée
> Une luzerne, des luzernes déshydratées

Avec 1,2 million de tonnes produites, la France se place au deuxième rang des pays producteurs de luzerne déshydratée en Europe (et dans le monde) derrière l’Espagne. Ce dernier pays a connu un développement important de sa production depuis son entrée dans l’Union Européenne en 1986. L’Italie est le troisième « grand » pays producteur européen de luzerne déshydratée ; ces trois pays représentent ainsi plus de 80% des tonnes produites annuellement en Europe (comprises entre 4,5 et 5
millions).

Si l’exportation vers les pays tiers existe, l’élevage européen consomme l’essentiel de cette production. Des disparités selon les pays quant aux schémas d’utilisation de ces luzernes déshydratées existent selon les différentes espèces animales.


Des herbivores aux monogastriques

En matière de nutrition animale, l’aliment doit apporter à son consommateur lesnutriments nécessaires à sa croissance, son entretien, sa gestation et sa production (plusieurs de ces paramètres peuvent être confondus). Selon son métabolisme, les besoins de l’animal varieront pour les différents nutriments; ainsi un poulet en croissance n’aura pas les mêmes besoins en azote qu’une vache laitière tarie. De la même façon les animaux valoriseront de façon différente les nutriments contenus dans un même aliment en fonction des capacités de leurs appareils digestifs. Tout naturellement, la luzerne entre de façon importante dans la composition des rations des herbivores qu’ils soient ruminants (bovins, caprins, ovins) ou non (lapins et chevaux), notamment pour ses apports de fibres et de cellulose. Pour ces espèces, les taux d’incorporation sont variables et peuvent aller jusqu’à 30% ; ce niveau d’incorporation sera déterminé par la concurrence qu’exercent les autres matières premières dans le système d’alimentation. La richesse de la luzerne en pigments naturels (lutéine, carotène,…) justifie son utilisation en aviculture pour l’obtention d’une coloration naturelle des oeufs, des poulets de chair et des pintades. Les niveaux d’incorporation sont alors limités aux environs de 5% compte tenu de la faible valorisation de la cellulose par ces
animaux. Par ailleurs on retrouve une incorporation de luzerne déshydratée dans les aliments porcins (truies gestantes), notamment pour son apport de fibres.

Des développements récents conduisent à trouver la luzerne déshydratée via ses extraits chez un nombre plus grand de consommateurs allant des crustacés à l’homme en passant par les animaux de compagnie.

Deux façons de consommer de la luzerne déshydratée

L’animal peut retrouver de la luzerne déshydratée dans son auge (ou sa mangeoire) sous deux formes. D’une part si cette luzerne déshydratée n’a pas subi de transformation depuis sa sortie du silo de l’usine de déshydratation, elle se retrouvera directement présentée à son consommateur. Son circuit de commercialisation aura pu inclure un distributeur qui aura fait le lien entre l’éleveur et l’entreprise de déshydratation : ce circuit est appelé « consommation en l’état ». L’éleveur décide du niveau d’incorporation de la luzerne dans l’alimentation de ses animaux. C’est le circuit de distribution privilégié pour les bovins, les caprins, les ovins et une partie des chevaux (les taux d’incorporation vont de 5 à 30%).

D’autre part la luzerne déshydratée peut être incorporée à un aliment composé de plusieurs matières premières présenté sous forme de granulés, farines ou plus simplement de mélanges (mash). Ces derniers décident du niveau d’incorporation de la luzerne : il s’agit de la filière « fabricant d’aliments composés » (FAC). Les monogastriques (volailles et porcins) et les lapins sont très majoritairement approvisionnés par ce biais (les taux d’incorporation vont de quelques % pour les monogastriques à 20-30% pour les lapins). Les ruminants sont aussi partiellement nourris avec ces aliments, mais la luzerne n’est alors incorporée qu’à des niveaux de l’ordre de 5 à 30%. Les aliments chevaux quant à eux permettent l’introduction de doses assez élevées de luzerne (20-30%).

Une luzerne, des luzernes déshydratées

Historiquement le débouché principal de la luzerne déshydratée s’orientait vers les
fabricants d’aliments composés. Pour faire face au développement de la production de luzerne au cours des années 80 et trouver une meilleure valorisation des produits,
le marché de la consommation en l’état a représenté une voie intéressante. Pour
accéder à ce marché, il a été nécessaire de développer des véritables gammes de
produits pour les différents consommateurs concernés (vaches laitières hautes
productrices, chevaux, ovins à l’engraissement…). Par ailleurs il a fallu imaginer des conditionnements qui puissent répondre aux besoins des animaux et aux attentes des utilisateurs (conditionnement en balles, sacs, big bag…). Très tôt les fabricants d’aliments composés ont eu eux aussi des exigences sur les différentes qualités de luzernes déshydratées. Pour ce marché également il s’est mis en place une différenciation des produits notamment basée sur les taux de protéines (16 à 26%), de carotène, de xanthophylles et de cellulose. Cette élaboration de gammes peut ainsi conduire à l’existence d’une vingtaine de références dans une même entreprise ne travaillant que de la luzerne déshydratée. Parallèlement à ces critères physicochimiques, une demande émane du marché sous forme de cahier des charges spécifiques. Ces critères concernent la présentation, l’origine et le mode de production et peuvent, dans certains cas, prendre le dessus sur la valeur nutritionnelle intrinsèque du produit.