Des herbivores
aux monogastriques En matière de nutrition animale, l’aliment
doit apporter à son consommateur lesnutriments nécessaires à sa croissance,
son entretien, sa gestation et sa production (plusieurs de ces paramètres
peuvent être confondus). Selon son
métabolisme, les besoins de l’animal
varieront pour les différents nutriments;
ainsi un poulet en croissance n’aura pas
les mêmes besoins en azote qu’une vache
laitière tarie. De la même façon les
animaux valoriseront de façon différente
les nutriments contenus dans un même
aliment en fonction des capacités de leurs
appareils digestifs. Tout naturellement, la luzerne entre de façon importante dans la
composition des rations des herbivores
qu’ils soient ruminants (bovins, caprins,
ovins) ou non (lapins et chevaux),
notamment pour ses apports de fibres et de cellulose. Pour ces espèces, les taux
d’incorporation sont variables et peuvent
aller jusqu’à 30% ; ce niveau d’incorporation
sera déterminé par la concurrence
qu’exercent les autres matières premières
dans le système d’alimentation. La
richesse de la luzerne en pigments
naturels (lutéine, carotène,…) justifie son
utilisation en aviculture pour l’obtention
d’une coloration naturelle des oeufs,
des poulets de chair et des pintades. Les
niveaux d’incorporation sont alors limités
aux environs de 5% compte tenu de la
faible valorisation de la cellulose par ces
animaux. Par ailleurs on retrouve une
incorporation de luzerne déshydratée dans
les aliments porcins (truies gestantes),
notamment pour son apport de fibres.
Des développements récents conduisent à
trouver la luzerne déshydratée via ses
extraits chez un nombre plus grand de
consommateurs allant des crustacés à
l’homme en passant par les animaux de
compagnie.
Deux façons
de consommer de la luzerne déshydratée
L’animal peut retrouver de la luzerne
déshydratée dans son auge (ou sa
mangeoire) sous deux formes. D’une part
si cette luzerne déshydratée n’a pas
subi de transformation depuis sa sortie
du silo de l’usine de déshydratation, elle
se retrouvera directement présentée à son
consommateur. Son circuit de commercialisation
aura pu inclure un distributeur
qui aura fait le lien entre l’éleveur et
l’entreprise de déshydratation : ce circuit
est appelé « consommation en l’état ».
L’éleveur décide du niveau d’incorporation
de la luzerne dans l’alimentation de ses
animaux. C’est le circuit de distribution
privilégié pour les bovins, les caprins, les
ovins et une partie des chevaux (les taux
d’incorporation vont de 5 à 30%).
D’autre part la luzerne déshydratée peut être incorporée à un aliment composé de
plusieurs matières premières présenté
sous forme de granulés, farines ou plus
simplement de mélanges (mash).
Ces
derniers décident du niveau d’incorporation
de la luzerne : il s’agit de la filière « fabricant d’aliments composés » (FAC).
Les monogastriques (volailles et porcins)
et les lapins sont très majoritairement
approvisionnés par ce biais (les taux
d’incorporation vont de quelques % pour
les monogastriques à 20-30% pour les
lapins). Les ruminants sont aussi partiellement
nourris avec ces aliments, mais
la luzerne n’est alors incorporée qu’à
des niveaux de l’ordre de 5 à 30%. Les
aliments chevaux quant à eux permettent
l’introduction de doses assez élevées de
luzerne (20-30%).
Une luzerne,
des luzernes déshydratées
Historiquement le débouché principal de la
luzerne déshydratée s’orientait vers les
fabricants d’aliments composés. Pour faire
face au développement de la production de
luzerne au cours des années 80 et trouver
une meilleure valorisation des produits,
le marché de la consommation en l’état
a représenté une voie intéressante. Pour
accéder à ce marché, il a été nécessaire
de développer des véritables gammes de
produits pour les différents consommateurs
concernés (vaches laitières hautes
productrices, chevaux, ovins à l’engraissement…).
Par ailleurs il a fallu imaginer des
conditionnements qui puissent répondre
aux besoins des animaux et aux attentes des
utilisateurs (conditionnement en balles,
sacs, big bag…).
Très tôt les fabricants d’aliments composés
ont eu eux aussi des exigences sur
les différentes qualités de luzernes
déshydratées. Pour ce marché également
il s’est mis en place une différenciation
des produits notamment basée sur les
taux de protéines (16 à 26%), de carotène,
de xanthophylles et de cellulose. Cette élaboration de gammes peut ainsi
conduire à l’existence d’une vingtaine de
références dans une même entreprise ne
travaillant que de la luzerne déshydratée.
Parallèlement à ces critères physicochimiques,
une demande émane du
marché sous forme de cahier des charges
spécifiques. Ces critères concernent
la présentation, l’origine et le mode de
production et peuvent, dans certains cas,
prendre le dessus sur la valeur nutritionnelle
intrinsèque du produit.
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