La maîtrise de la conservation des fourrages : contribution essentielle à l’autosuffisance alimentaire
D’abord produite sous forme de prairie naturelle, puis cultivée de façon permanente ou temporaire, la luzerne est consommée directement au pâturage, pendant la pousse de la plante, puis fauchée et distribuée fraîche aux animaux élevés en enclos ou en cages, les lapins par exemple. Les animaux sont alors abattus avant l’hiver et la viande est séchée, fumée ou salée.
Pour garder des animaux en toutes saisons et faire face à leurs besoins, il s’est avéré nécessaire de conserver le fourrage. Jusqu’à la fin de la première moitié du XXème siècle, la seule méthode, encore la plus utilisée aujourd’hui dans le monde, est le séchage naturel au soleil.
La luzerne déshydratée : un conditionnement moderne constamment amélioré depuis 60 ans
La maîtrise des techniques de déshydratation,
conditionnement qui permet
de conserver toutes les qualités de la
luzerne fraîche a permis son développement
et a hissé la France au rang
de grand producteur et exportateur
mondial. La luzerne est alors utilisée
surtout pour l’alimentation des volailles,
car les xanthophylles qu’elle contient
colorent leur chair et le jaune des oeufs.
Le progrès des cultures (variétés, fertilisation…),
l’apparition de matériels de
récolte adaptés, les techniques de déshydratation,
de stockage sous gaz inerte
et d’homogénéisation, ont contribué à
l’augmentation constante de la qualité de
la luzerne déshydratée et son adaptabilité
aux besoins des diverses espèces
animales.
La luzerne aujourd’hui
La luzerne trouve son plus grand développement dans les zones tempérées chaudes : Europe, Amérique du Nord, Japon, pointes sud d’Afrique et d’Amérique, Australie, Nouvelle-Zélande.
Elle couvre près de 32 millions d’hectares dont 13 millions en Amérique du nord, là où elle est la mieux représentée et où elle sert de référence en matière de fourniture de protéines végétales.
En Europe, la production est concentrée dans les 3 pays occidentaux méditerranéens : France, Espagne et Italie qui totalisent près de 85 % de la production. Dans ces 2 derniers pays une part importante de la luzerne est séchée au soleil.
Aujourd’hui, ni la France ni l’Europe ne sont en mesure de satisfaire leurs besoins en protéines végétales pour l’alimentation animale. En Europe, le déficit chronique varie selon les années entre 70 et 80 % du niveau de consommation. Son approvisionnement dépend donc de l’étranger dont elle importe essentiellement du soja.
6 décennies qui ont fait l'histoire
1950/1960 : LA NAISSANCE D’UN PRODUIT
Démarrage de la production de luzerne
déshydratée, sous forme de farine, avec
pour premier objectif l’obtention de
xanthophylles et de B-carotène pour la
coloration des oeufs et de la chair des
volailles.
• 1957 : premiers essais de consommation
directe par les jeunes bovins (INRA
Theix).
• 1958 : les farines sont agglomérées en
pellets de 8 mm.
A la fin des années 50, la moitié de la
production française est exportée.
1960/1970 :
LA PROFESSION S’ORGANISE
Création des groupements de vente, études culturales poussées (variétés,
conduite, calendrier de récolte …),
harmonisation des méthodes d’analyses,
garanties contractuelles…
Développement de la granulation et du
stockage sous gaz inerte. Apparition des
premières automotrices de récolte.
1970/1980 :
LA RÉPONSE AUX CRISES
Intérêt croissant des fabricants d’aliments
composé pour la luzerne déshydratée,
augmentation des capacités de stockage,
progression et normalisation des qualités.
• 1973 : crise de l’énergie. La profession
est la première en France à mettre en
place des systènes d’économie d’énergie
qui, malgré l’augmentation des prix
de revient, permet le maintien et de la
production et de la qualité.
• 1976 : sécheresse. Beaucoup d’éleveurs
découvrent alors les qualités de la luzerne
déshydratée.
1980/1990 :
LA DIVERSITÉ DES QUALITÉS
Amélioration des systèmes de production
et valorisation par la déshydratation des
qualités de la luzerne : constatation par
l’INRA des effets positifs du tannage
thermique. Succès croissants sur le
marché des ovins et caprins et des Vaches
Laitières à Haute Production.
• 1986 : sécheresse estivale. La luzerne
déshydratée rétablit l’équilibre fourrager.
• 1989 : la luzerne déshydratée est disponible
en gammes de produits différenciées
par espèces.
1990/2000 :
LA SÉCURITE ALIMENTAIRE
Culture qui nécessite très peu d’intrants,
la luzerne est un produit sain et naturel
dont les qualités, totalement préservées
par la déshydratation, sont garanties.
La teneur moyenne en protéines gagne
1 point en 5 ans.
• 1992 : les travaux de l’INRA mettent en évidence les valeurs énergétiques de la
luzerne déshydratée. Qualité et traçabilité
sont assurées et apportent à l’éleveur
toute la sécurité nécessaire.
2000/2010 :
DE NOUVEAUX DÉFIS
SE PROFILENT
• Réformes successives de la PAC pour
répondre aux impératifs budgétaires, aux
attentes sociétales et aux contraintes liées
aux négociations à l’OMC.
• Évolution du prix de l’énergie
• Libéralisation des marchés
• Développement durable
Six décennies orientées vers la mise
au point de luzernes de haute qualité,
très adaptées aux nouveaux marchés
et répondant aux attentes sociétales. |