Premiers essais, premiers
succès
Au début des années 50, la France
s'impose comme le berceau de l'industrie de la
luzerne déshydratée, avec l'utilisation
de xanthophylles pour la coloration des œufs
et de la chair de volaille. Pour ce type d'utilisation,
la luzerne est livrée en farines.
En 1956, les récolteuses automotrices
font leur apparition. Un an plus tard, l'INRA
de Theix réalise les premiers essais de
consommation par de jeunes bovins.
1958 : afin de répondre aux besoins
des nouveaux marchés de l'alimentation
animale, les luzernes déshydratées
sont désormais livrées en pellets.
C'est le début du stockage en vrac homogénéisé
et analysé par unité.
1959 : l'Allemagne et la Belgique sont
demandeuses de la qualité française.
Les livraisons s'effectuent alors à bord
de péniches.
L'industrie s'organise,
la France devient leader
Dans les années 60, afin d'assurer le
progrès technique et le dynamisme du secteur,
les premiers groupements de vente sont créés.
La vente en l'état de luzernes pour les
jeunes bovins démarre. Les méthodes
d'analyse chimique sont harmonisées sous
l'égide de l'INRA et du BIPEA. Les planteurs
utilisent désormais des variétés
adaptées et suivent un calendrier de récolte
ajusté au rythme végétatif.
A la même époque, les pouvoirs publics
prennent en compte l'industrie de la déshydratationet
encouragent son développement. La granulation
se développe, tout comme le stockage sous
gaz inerte. L'emploi d'automotrices de récolte
directe sans préfanage se généralise,
contribuant ainsi à la qualité globale
du produit.
Le développement
par la qualité
Au début des années 70, les produits
importés, issus de luzernes "séchées
soleil", broyées et granulées,
ne correspond plus aux exigences de qualité
européennes. En France, la production progresse
avec l'aide de l'INRA, et la culture est optimisée
grâce aux techniques de fertilisation et
de désherbage…Les fabricants d'aliments,
qui manifestent un intérêt croissant
pour la luzerne déshydratée, réclament
la normalisation des produits. C'est également
l'époque des premiers crackings.
1973 : c'est la crise de l'énergie.
La filière réalise les premiers
systèmes d'économie d'énergie,
tout en maintenant la qualité de ses produits.
De nouvelles garanties contractuelles sont offertes,
qui permettent d'ouvrir des marchés aux
exigences particulières, comme celui du
lapin. Enfin, en 1976, la sécheresse fait
découvrir à de nombreux éleveurs
les atouts de la luzerne déshydratée.
L'adaptation à
de nouveaux marchés
Dans les années 80, l'INRA définit
la digestibilité vraie de la luzerne déshydratée
et la profession fait entreprendre des travaux
sur ce thème. Résultat : la déshydratation
conserve les qualités du produit vert et
augmente l'effet by-pass des protéines.
INRA, ITCF, EDE… la collaboration entre
la filière et les scientifiques s'accentue.
Les luzernes déshydratées enregistrent
leurs premiers succès sur le marché
des vaches laitières.
1986 : en raison de la sécheresse
estivale, de nouvelles régions d'élevage
redécouvrent l'intérêt de
la luzerne déshydratée, contribuant
ainsi à rétablir l'équilibre
fourrager.
1988 : mieux adaptée aux exigences
des ovins et caprins, la granulation en pellets
de 6 mm se développe rapidement.
La filière obéit désormais
à une véritable logique de nutrition
animale… Différents types de luzernes
déshydratées en réponse aux
besoins de chaque marché : lapins, ruminants,
poules pondeuses, volailles label…
Cultivée dans le respect de l'environnement,
la luzerne confirme dans les années 90
son statut de produit naturel et sain. Les planteurs
limitent les intrants et accordent les meilleurs
soins à leur culture. Dans un ouvrage destiné
à servir de référence, le
SNDF vulgarise en 1991 les études entreprises
par l'INRA, le Service de Protection des Végétaux
et les établissements d'enseignement agricole…
1992 : Des travaux de l'INRA menés
par M. Demarquilly permettent de compléter
les tables établies en 1988. Des mesures
réalisées sur des échantillons
représentatifs font apparaître des
valeurs énergétiques plus élevées
que celles admises jusque là.
En 1993, L'INRA réalise des essais
sur la valorisation des rations vaches laitières
grâce à la luzerne déshydratée.
1995 : L'ITCF met en avant l'intérêt
des luzernes déshydratées dans les
rations riches en énergie. De la semence
au produit fini, la démarche qualité
et les moyens de contrôle de la traçabilité
sont renforcés chez les fabricants. Toutes
les étapes de la production font l'objet
de contrôles rigoureux.
1997 : Le SNDF publie un Guide des Bonnes
Pratiques du planteur de luzerne. En parallèle,
le CIDE édite le Guide des Bonnes Pratiques
de la Déshydratation Européenne.
A la veille du 3è millénaire,
la profession est prête à relever
le défi d'une adaptation des luzernes déshydratées
aux besoins de chaque filière du secteur
de l'alimentation animale. |