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La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !
Découverte de la Luzerne
10 000 ans d'histoire
La luzerne provient d’Asie mineure où elle a été identifiée il y a près de 10 000 ans. Elle est considérée dès cette époque comme un fourrage facile à cultiver et à stocker ce qui explique sa diffusion rapide en commençant par l’Europe méditerranéenne et l’Afrique de l’Est puis du Nord. Propagée par l’homme au fil de ses déplacements, elle permet en particulier l’alimentation des chevaux lors des conquêtes arabes. À partir du XVème siècle, la culture de la luzerne s’étend dans le monde entier. Facteur essentiel du développement et de la prospérité des élevages de ruminants, la conservation du fourrage a permis l’essor de l’élevage en sécurisant son alimentation.


A partir du XVe siècle, la luzerne s'étend dans le monde entier
Circulation historique de la Luzerne
Circulation historique de la Luzerne
Aliment aux qualités multiples, la luzerne favorise le développement de l’élevage grâce à ses vertus comme en témoignent ses différentes appellations :

d’abord dénommée medicago signifiant qu’elle provient de la région de Médie, traduit à l’époque romaine Herba medica et toujours appelée erba medica en italien, le terme espagnol et américain, alfalfa pourrait provenir de l’arabe où alf al fassa signifie fourrage de luzerne.

C’est de cet historique que découle son nom américain : alfalfa. L’origine éthymologique du terme luzerne est plus vague, certains ont évoqué le sens brillant de l’occitan luzerno puisque les graines sont luisantes.
La luzerne a permis de sédentariser l'élevage
D’abord produite sous forme de prairies naturelles, puis cultivée en prairies temporaires, la luzerne était consommée directement au pâturage, pendant la pousse de la plante, puis fauchée et distribuée fraiche aux animaux élevés en enclos ou en cages. Les animaux étaient abattus avant l’hiver et la viande était séchée, fumée ou salée.

Pour garder des animaux en toutes saisons et faire face à leurs besoins, il s’est avéré nécessaire de conserver le fourrage. La seule méthode encore la plus utilisée aujourd’hui dans le monde, était le séchage naturel au soleil.




La luzerne déshydratée: une invention des années 60
La déshydratation est le conditionnement qui permet à la luzerne de conserver toutes les qualités du fourrage frais. La production industrielle de luzerne déshydratée démarre à partir de 1950 en France qui en quelques années, se hisse au rang de grand opérateur qui exporte jusqu’à la moitié de sa production.

La luzerne déshydratée devient initialement un fournisseur privilégié de protéines utilisées surtout pour l’alimentation des volailles, d’autant que les pigments qu’elle contient colorent leur peau et le jaune de leurs œufs.

Le progrès des techniques culturales (variétés, fertilisation...), de récolte, de déshydratation, de stockage (sous gaz inerte) et d’homogénéisation, améliore constamment la qualité des luzernes déshydratées et son adaptation aux besoins des diverses espèces animales.

L’intérêt des éleveurs pour la luzerne déshydratée a étendu la consommation à la plupart des espèces animales, et principalement les ruminants producteurs de lait ou de viande et les chevaux. La luzerne déshydratée accompagne ainsi l’agriculture et l’élevage dans leur démarche constante de progrès et de modernisation. Elle est utilisée en moindre quantité dans les rations des animaux monogastriques.
La luzerne dans le monde
La luzerne trouve son plus grand développement dans les zones tempérées : Europe, Amérique du Nord, Japon, pointes sud d’Afrique et d’Amérique, Australie, Nouvelle-Zélande.

Elle couvre près de 32 millions d’hectares dans le monde dont 13 millions en Amérique du Nord, là où elle est la mieux représentée. Dans cette région, les rations sont en priorité équilibrées en fourniture de protéines végétales, puis l’équilibre énergétique est ensuite assuré. Ce raisonnement donne une place majeure à la luzerne dans l’alimentation animale. De ce fait, la luzerne arrive en seconde position après le soja en importance économique aux États-Unis.

En Europe, la production est concentrée dans les 3 pays occidentaux méditerranéens : France, Espagne et Italie qui totalisent près de 85 % de la production. Dans ces 2 derniers pays une part importante de la luzerne est séchée au soleil.

Depuis de nombreuses années, ni la France ni l’Europe n’ont des productions agricoles qui satisfassent leurs besoins en protéines végétales pour l’alimentation animale. En Europe, le déficit chronique varie selon les années entre 70 et 80 % du niveau de consommation (40% en France). L’une des raisons provient d’un manque de soutien aux productions végétales riches en protéines.

Les rations animales sont souvent complémentées en protéines par du tourteau de soja importé d’Amérique du Nord ou du Sud. La France cultivait au début des années 2010 environ 300 000 hectares de luzerne dont 60 000 pour la déshydratation. Mais cette culture occupait environ 1 million d’hectares dans les années 60.

6 décennies qui ont fait l'histoire

Six décennies orientées vers la mise au point de luzernes de haute qualité, très adaptées aux nouveaux marchés et répondant aux attentes sociétales.

1950/1960 : LA NAISSANCE D’UN PRODUIT

Démarrage de la production de luzerne déshydratée, sous forme de farine, avec pour premier objectif l’obtention de xanthophylles et de B-carotène pour la coloration des oeufs et de la chair des volailles.

  • 1957 : premiers essais de consommation directe par les jeunes bovins (INRA Theix).
  • 1958 : les farines sont agglomérées en pellets de 8 mm.

A la fin des années 50, la moitié de la production française est exportée.

1960/1970 : LA PROFESSION S’ORGANISE

Création des groupements de vente, études culturales poussées (variétés, conduite, calendrier de récolte …), harmonisation des méthodes d’analyses, garanties contractuelles… Développement de la  granulation et du stockage sous gaz inerte. Apparition des premières automotrices de récolte.

1970/1980 : LA RÉPONSE AUX CRISES

Intérêt croissant des fabricants d’aliments composé pour la luzerne déshydratée, augmentation des capacités de stockage, progression et normalisation des qualités.

  • 1973 : crise de l’énergie. La profession est la première en France à mettre en place des systènes d’économie d’énergie qui, malgré l’augmentation des prix de revient, permet le maintien et de la production et de la qualité.
  • 1976 : sécheresse. Beaucoup d’éleveurs découvrent alors les qualités de la luzerne déshydratée.


1980/1990 : LA DIVERSITÉ DES QUALITÉS

Amélioration des systèmes de production et valorisation par la déshydratation des qualités de la luzerne : constatation par l’INRA des effets positifs du tannage thermique. Succès croissants sur le marché des ovins et caprins et des Vaches
Laitières à Haute Production.

  • 1986 : sécheresse estivale. La luzerne déshydratée rétablit l’équilibre fourrager.
  • 1989 : la luzerne déshydratée est disponible en gammes de produits différenciées par espèces.


1990/2000 : LA SÉCURITE ALIMENTAIRE

Culture qui nécessite très peu d’intrants, la luzerne est un produit sain et naturel dont les qualités, totalement préservées par la déshydratation, sont garanties. La teneur moyenne en protéines gagne 1 point en 5 ans.

  • 1992 : les travaux de l’INRA mettent en évidence les valeurs énergétiques de la luzerne déshydratée. Qualité et traçabilité sont assurées et apportent à l’éleveur toute la sécurité nécessaire.

 

2000/2010 : DE NOUVEAUX DÉFIS SE PROFILENT

  • Réformes successives de la PAC pour répondre aux impératifs budgétaires, aux attentes sociétales et aux contraintes liées aux négociations à l’OMC.
  • Évolution du prix de l’énergie
  • Libéralisation des marchés
  • Développement durable
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