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La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !

Process de déshydratation
La profession dispose d'un outil performant, qui s'est adapté aux contraintes environnementales et de marché

Un Process assurant la viabilité de la culture
La production de luzerne déshydratée est liée à la présence de luzernières dans la zone de collecte de l’usine de transformation. À cette fin l’ensemble des interventions techniques doivent permettre d’aboutir à l’obtention d’un potentiel de production assurant la viabilité économique de la culture de la luzerne. Par ailleurs le calendrier de récolte géré par l’usine devra permettre une reconstitution suffisante des réserves racinaires de la plante à chaque coupe pour un bon redémarrage de la pousse suivante.

De la même façon les conditions d’exploitation tardive peuvent avoir un rôle sur le redémarrage au printemps suivant ; c’est le caractère pérenne de la culture qui est en jeu. L’activité de déshydratation industrielle de la luzerne est un compromis entre l’obtention d’un niveau qualitatif objectif permettant une mise sur le marché des produits dans des conditions satisfaisantes et la maîtrise des coûts industriels garantissant la rentabilité des outils.
De nouveaux cahiers de charges en production
L’évolution du marché a amené la filière à segmenter sa gamme de produits et à définir de nouveaux cahiers des charges en matière de production. Traditionnellement le principal critère qualitatif en production de luzerne déshydratée est le taux de protéines, qui est aussi un indicateur de la valeur nutritionnelle des luzernes déshydratées pour d’autres paramètres. Le taux a sensiblement progressé depuis les années 90. Cette évolution s’est faite au prix d’une diminution des intervalles de coupe et d’un démarrage de début de campagne plus précoce, ce qui conduit aujourd’hui à exploiter les luzernières en 4 coupes (contre 3 précédemment).

La poursuite dans ce sens est possible, mais la limite viendra de l’altération de la pérennité des luzernières si le raccourcissement des intervalles de coupes ne permet pas une reconstitution suffisante des réserves racinaires.

Le développement de la consommation en l’état fait par ailleurs apparaître de nouveaux besoins sur les caractéristiques des produits. Ainsi une part importante et toujours en croissance du marché exige des taux de cellulose et de fibres (critères variant en sens inverse du taux de protéines) minima. Pour ces produits fibreux, le conditionnement principal est la balle même si on peut également les trouver sous forme de gros bouchons ou de cubes.
 
Un process optimisé

La filière a investi plusieurs millions d'euros dans la modernisation des ses installations au cours des 3 dernières années.

Compte tenu de l’importance du poste énergie dans le prix de revient de la luzerne déshydratée, les usines ont toujours travaillé sur les techniques optimisant les rendements thermiques. Dès le début des années 70, les entreprises ont développé le système de recyclage des gaz. Il s’agit d’utiliser une partie des gaz en sortie de cheminée pour les réintroduire au niveau du four pour faciliter ainsi la combustion du combustible fossile en limitant les apports d’air froid extérieur. Cette technique a permis d’économiser de 5 à 10% d’énergie.

Le développement de procédés permettant de récupérer les calories latentes des fumées sortie sécheurs a ensuite constitué un pas décisif. Il s’agit de condenser la vapeur produite par l’évaporation du fourrage et de récupérer ainsi les calories qui auront été dégagées lors de la condensation. Ces calories peuvent ensuite être valorisées par d’autres moyens de séchage et d’évaporation. L’un d’entre eux est appelé «sécheur basse température» ou «pré sécheur»: le fourrage est alors séché en parallèle ou en pré séchage sur de grands tapis traversés par un flux d’air chaud, produit à partir des calories récupérées. L’économie d’énergie est de l’ordre de 15 à 20%.

L’évolution de ces techniques a permis aux industriels d’atteindre de très bons rendements thermiques, parfois même très proches du rendement théorique c’està- dire le rendement sans aucune perte d’énergie !

D’autres techniques ont vu le jour, tel le procédé PX. Ce process dit « voie humide » consiste à presser la matière verte et permet de produire les «extraits concentrés de luzerne» riches en protéines et en pigments naturels (chlorophylle et xanthophylles) avec une consommation énergétique moindre. Ce fractionnement permet aussi de concentrer les jus résiduels dans les évaporateurs sous vide.
 
Coûts de la déshydratation
Le coût de l’énergie a longtemps été le principal facteur sur lequel on pouvait jouer pour maîtriser le coût de revient de la déshydratation. Il le redevient aujourd’hui après le calme relatif des années 80.

Les outils de productions (chaîne de récolte, four, tambour, presses, silos...) doivent être employés au maximum. L’existence d’activités de déshydratation complémentaires comme la pulpe de betterave permet un bien meilleur amortissement des structures. Dans la même perspective, au niveau d’une usine, la recherche de surfaces permettant de saturer l’outil de production est intéressante, par contre elle fragilise la capacité d’adaptation et de réaction de l’usine à des conditions (climatiques par exemple) d’exploitations trop éloignées de la normale. 

Les installations fonctionnent actuellement avec du charbon, du lignite ou de la biomasse (plaquettes bois, sciure, biogaz issue de la fermentation de matière organique, miscanthus ou herbe à éléphant…). Un important programme de substitution des énergies fossiles par des énergies renouvelables est mis en place dans la filière depuis ces dernières années, en parallèle de la quête perpétuelle de la filière vers la réduction de sa consommation énergétique.

Ces dernières années, l’exploration systématique de toutes les pistes d’économies potentielles d’énergie a également amené la profession à sécher d’avantage la luzerne « au champ » à travers le préfanage à plat. En effet, chaque point de matière sèche gagné en entrée usine est autant d’énergie économisé lors du process industriel de déshydratation.
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DES FOURRAGES