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La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !
Developpement Durable
La luzerne, une plante d'aujourd'hui
La luzerne est l'un des emblèmes de l'agriculture durable. De nouveaux besoins sociétaux en termes de protection de l’environnement, une « nouvelle agronomie » qui émerge de la profession agricole pour résoudre ses propres équations, la nécessité pour la “ferme France” de sécuriser ses approvisionnements en protéines : la luzerne répond à chaque fois présente. Elle est l'une des solutions durables aux défis qui se présentent à l'agriculture en cette première moitié du XXIème siècle

Eau, biodiversité, paysages, emplois, la société éxige plus de protection
Depuis plusieurs décennies, avec comme point de repère la conférence de Rio en 1992, le monde s’inquiète de la raréfaction et de la dégradation de ses ressources naturelles. Qualité de l’eau, maintien de la biodiversité ordinaire (pas seulement les fauves et autres espèces exotiques), valeur paysagère, préservation des ressources fossiles, réchauffement climatique sont des thèmes qui influent de plus en plus fortement sur les politiques publiques. Et, si l’on y rajoute l’emploi, notamment dans sa dimension aménagement et équilibre des territoires, le désir d’une alimentation de qualité et de produits alimentaires résultant d’approvisionnements locaux, la luzerne répond partout présente. 

La luzerne permet en effet de préserver la ressource en eau potable de par ses qualités physiologiques qui lui permettent de se passer d’engrais azoté d'une part, mais aussi qui en font une plante épuratrice des nitrates en excès dans le sol. C’est aussi une plante rustique qui reçoit très peu de pesticides (moins d’1 traitement par an en moyenne). Or, la majeure partie des bassins de captage français ne sont pas aux normes de 50mg/l de nitrates et de 0.2µg/l de pesticides. Là ou elle est cultivée, la luzerne permet de baisser ces teneurs en polluants aquatiques. C’est valable pour les eaux potables comme pour les eaux de ruissellement qui, chargées en nitrates, induisent des phénomènes d’eutrophisation des eaux de surface. 

La biodiversité quant à elle est en passe de devenir un indicateur synthétique du développement durable. Là encore la luzerne, en couvrant le sol toute l’année, en respectant la faune grâce à sa quasi-absence de traitements phytosanitaires, en évitant l’érosion des sols, en fleurissant de mai à septembre, est la meilleure amie des papillons, abeilles et autres orthoptères. Cette “aménité” a été reconnue par les autorités scientifiques qui ont décerné à la luzerne en 2010 le label de l’année internationale de la biodiversité. 

Les paysages représentent de plus en plus une valeur patrimoniale et touristique. Certaines régions comme la Champagne Ardenne l’ont bien compris qui s’inquiètent d’une trop grande uniformité des campagnes susceptible d’appauvrir l’attractivité touristique. 

Un travail de démonstration et de vulgarisation des effets positifs de la luzerne sur l’environnement est réalisé par la profession depuis quelques années. La plante est maintenant repérée, par les administrations publiques et la recherche publique et privée, comme contributrice à l’atteinte des objectifs de durabilité ainsi que le montre le tableau Grenelle et luzerne ci-contre.
Produire plus et plus autonome: un nouveau défi agricole
Réponses au  Grenelle de l'environnement
Réponses au Grenelle de l'environnement
Côté agriculteurs, la luzerne ne manque pas non plus d’atouts. Cette “nouvelle agronomie” comme certains commencent à la nommer, dont l’objet est de produire plus avec moins, se trouve avoir comme plus grande alliée la luzerne. En effet, c’est une tête d’assolement hors pair qui entretient et restructure les sols, étouffe les adventices, fournit de l’azote à la culture suivante (environ 40 unités assimilables la première année pour un blé), héberge des auxiliaires prédateurs des parasites des cultures voisines.

Cette nécessité de produire plus avec moins a été globalement formalisée par le Grenelle de l’Environnement et plus spécifiquement par sa déclinaison pour les cultures : Ecophyto. Cette disposition règlementaire stipule que les consommations de pesticides devront avoir diminué de moitié d’ici 2018. Même si cette adjonction est assortie de la mention « si possible », le cap est fixé et ambitieux. Avec un IFT (Indice de Fréquence de Traitement) de 2.53 à rapprocher d’une valeur d’environ 6 pour un blé ou un colza, la présence de cette légumineuse dilue mécaniquement ce critère au niveau de l’exploitation.

La luzerne permet aussi de sécuriser l’exploitation en répartissant les risques d’aléas climatiques, parasitaires ou de marchés sur un plus grand nombre de cultures. Un système en monoculture est par nature moins robuste et moins sûr qu’un système à assolement long. Le CDER 51 (un centre de Gestion de la Marne) a en effet démontré que les exploitations ayant un taux élevé de luzerne dans leur assolement dégagent un revenu agricole supérieur de 25€/ha que leurs homologues sans luzerne. Cette étude menée entre 2005 et 2009 inclue deux bonnes années pour les céréales et deux moins bonnes.

L’autonomie est un concept qui progresse également. Que ce soit en fertilisants pour les exploitations de grandes cultures ou en protéines pour les éleveurs, l’autonomie représente la sécurité d’approvisionnement et la sécurité économique. Les récentes années de sécheresse en France ont monté avec éclat la supériorité de la luzerne sur les autres fourrages en termes de résistance au stress hydrique. Quant au renchérissement annoncé du prix des engrais notamment azotés et leur volatilité, ils incitent à privilégier d’autres sources d’approvisionnement comme la fixation symbiotique ou les produits d’origine organique.

Un autre bénéfice plus synthétique de la luzerne pour les agriculteurs réside dans une image très positive, synonyme de nature, de respect de l’écologie, de tradition dans ce qu’elle a de positif pour le grand public.

La luzerne est donc une plante d’aujourd’hui dont la modernité apparaît chaque jour plus évidente. Les nombreuses formes d’éco-conditionnalité qu’exigent les politiques publiques d’aujourd’hui et de demain qu’elles soient européenne, nationale ou régionale trouveront dans la luzerne l’une des réponses les plus cohérentes.

La luzerne est une plante qui répond parfaitement aux éxigences de la recommandation du
groupe IV du Grenelle de l'Environnement:
"Adopter des modes de production et de consommation durables"


Recommandations du Grenelle de l’Environnement
Promouvoir les variétés végétales qui manifestent une faible dépendance vis à vis des intrants.
Réduire fortement l’usage des pesticides à moyen terme.
Constituer une trame verte nationale afin de stopper partout la perte de biodiversité.
Résorber l’ensemble des cas de dépassement des normes relatives à l’eau potable et à l’eutrophisation en réduisant les pollutions par les nitrates et le phosphore en 5 à 10 ans.
Protéger les aires d’alimentation de l’ensemble des captages d’ici 2012.
Atteindre 6 % de la SAU en équivalent bio d’ici 2010.
les réponses apportées par la luzerne
La luzerne est une des plantes cultivées les plus économes en intrants (1 herbicide par an, 1 insecticide tous les 3 ans en moyenne, pas de fongicide).
Elle héberge des insectes auxiliaires des cultures environnantes.Culture permanente pour 4 à 5 ans, la luzerne héberge des micro-organismes, une microfaune et macrofaune en abondance,
jusqu’à 100 fois plus élevées que dans une culture de blé.
Puisant directement l’azote de l’air grâce aux bactéries symbiotiques (sinorhizobium) présentes sur ses racines, elle ne consomme pas d’azote et en fournit un reliquat à la culture
suivante.
Son tissu racinaire extrêmement développé (jusqu’à 10 m de profondeur) lui permet de capter l’azote présent en excès dans le sol. C’est une plante épuratrice recommandée en tant que telle pour protéger le zones de captage d’eau potable.
Ultra sobre en intrants, protectrice des sols et fournisseur d’auxiliaires, la luzerne est un allié indispensable des producteurs de grandes cultures biologiques en phase de reconversion comme en régime de croisière.
La luzerne améliore la durabilité des exploitations
Comparatif durabilité des exploitations
Comparatif durabilité des exploitations
C’est l’enseignement d’une enquête réalisée en 2011 sur un échantillon de 40 exploitations agricoles de grandes cultures d’une part et d’élevages laitiers d’autre part (voir schéma ci contre). Pour les deux systèmes de production étudiés, les exploitations cultivant de la luzerne pour la déshydratation, et utilisant de la luzerne déshydratée, ont obtenu en moyenne de meilleurs scores sur les trois échelles de la durabilité définies par la méthode IDEA : agroécologique, socio-territoriale et économique.

La luzerne joue notamment sur : l’allongement des cycles de rotation, la réduction des quantités de produits phytosanitaires utilisés, mais aussi l’autonomie fourragère des élevages et l’amélioration de la qualité sanitaires des élevages et du bien-être animal. La mise en place de luzerne pour la déshydratation dans les assolements, mais aussi l’utilisation de luzerne déshydratée dans l’alimentation des vaches laitières permet d’augmenter la durabilité des exploitations agricoles. La luzerne apparaît donc comme une culture à fort potentiel environnemental conclue cette étude.
UN DES EMBLÈMES DE L'AGRICULTURE DURABLE