SITE_LUZERNE 2013-2
La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !
Developpement Durable
La meilleure amie de l'eau
Une grande partie des eaux souterraines et de surface ne satisfont pas aux normes européennes en matière de pesticides et de nitrates. Les entreprises de traitement de l’eau sont donc contraints de les traiter pour les rendre potables. Avec des coûts élevés pris en charge par le consommateur et les collectivités.
Pourtant, là luzerne constitue une réponse éprouvée et crédible.

Une plante épuratrice

La luzerne est la meilleure amie de l’eau, pourquoi ?


- Tout d'abord, sous nos climats tempérés, elle n’en consomme pas sous forme d’irrigation. Il n’y a donc pas de prélèvements au détriment éventuel d’autres usages. Grâce à son puisant système racinaire elle est capable de pomper l’eau en profondeur, notamment celle qui est piégée dans les sous-sols de craie de la région Champagne. C’est d’ailleurs pour cette raison que la luzerne est très résistante à la sécheresse car elle saura trouver son alimentation hydrique là ou une graminée par exemple échouera en conditions limitantes.

- Ne recevant d’engrais azotés à aucun moment de sa culture, il n’y a donc aucun risque de lessivage suite à un apport

- En cas de présence résiduelle d’azote dans le sol ou en raison d’apport d’azote organique, la plante va privilégier ce mode d’alimentation azoté en stoppant son mécanisme de fixation symbiotique,

- Les restitutions d’azote après retournement s’effectuent sur 18 mois. Une implantation rapide de la prochaine culture ou d’un couvert hivernal suffit à éviter tout relargage brutal. En effet, contrairement à une idée reçue, l’incorporation de l’azote présent dans les racines et les collets (parties aériennes non récoltées) provoque d’abord une organisation de l’azote minéral du sol par les micro-organismes avant d’être progressivement reminéralisé, notamment au printemps suivant.

- En matière de pesticides, la rusticité de la plante et les pratiques inventoriées et mesurées chaque année par les services agronomiques de la profession éliminent pratiquement tout risque de pollution. Une enquête menée chaque année sur plus de 1000 parcelles montre que les traitements phytosanitaires sont très réduits. La plupart des parcelles sont désherbées à l’implantation (70%) mais seule une sur deux est désherbée à l’automne. Soit moins d’un herbicide par an en moyenne sur les 3 à 4 années de la culture. Aucun fongicide n’est homologué sur luzerne, quant aux insecticides, seules 35% des parcelles sont traitées à l’implantation. Aucun insecticide ou presque (1% des parcelles) n’est appliqué en deuxième
Une réponse aux demandes de la société
Toutes ces raisons font de la luzerne la plante cultivée, productrice et utile à l'économie alimentaire la plus protectrice de la qualité de l’eau potable. Des effets attestés par des études scientifiques comme celle conduite à Chalons en Champagne par l’Institut National de la Recherche Agronomique. Celle-ci a mesuré l’impact de l’introduction d’une culture de luzerne dans un assolement blé-betterave sur la concentration en nitrates de l’eau drainée durant 11 années. Cette teneur passe de 25,5 mg N-NO3-/L (113 mg NO3-/L) en première année à 5,8 mg N-NO3-/L (soit 26 mg NO3-/L) après introduction de la luzerne dans la rotation soit une diminution de 80%.

Par ailleurs, la société des Eaux de Vittel a mis au point, avec l’Inra, des assolements à base de luzerne afin de protéger efficacement et dans la durée son bassin de captage. Ce dispositif fonctionne avec succès depuis 1989. Si cette expérience n’est pas reproductible en raison de la haute valeur de l’eau de Vittel par rapport à la valeur de l’eau de réseau, elle est par contre très signifiante et démonstrative. La conservation, au moins là où elle se trouve, mais aussi le développement raisonné de la culture de luzerne, permettrait donc de diminuer les coûts de la non qualité de l’eau

Le ministère de l’Écologie évaluait ces dépenses supplémentaires liées aux excédents d’azote et de produits phytosanitaires dans une fourchette comprise entre 1 00 et 1 500 millions d’euros dont 640 à 1 140 millions d’euros sont répercutés sur la facture d’eau, représentant entre 7 et 12 % de cette facture en moyenne nationale. 

Pour les ménages des localités les plus polluées, ces dépenses supplémentaires pourraient atteindre 494 euros/ménage ou 215 euros/personne, soit un surcoût de 140 % de la facture d’eau moyenne en 2006. En ce qui concerne les dépenses des collectivités liées à l’eutrophisation, elles sont estimées entre 100 et 150 millions d’euros.
 
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