SITE_LUZERNE 2013-2
La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !
Developpement Durable
Luzerne et Bio, une bonne combinaison
Les surfaces totales de luzerne bio ont atteint 26 000 hectares en 2015. Elle peut représenter jusqu’à 80 % de la production pour la coopérative Sidesup dans le Loiret par exemple, ou 25 % pour l’Ucdv dans l’Eure.
Partout ou presque en France sont organisées des réunions d’information et lancées des études sur la luzerne bio.
Elle est quasi indispensable en effet pour mener à bien une conversion en systèmes grandes cultures sans ressources de proximité en fertilisation organique. En revanche la question du débouché se pose, surtout quand on sait qu’en bio il faut y consacrer 20 à 25 % de son assolement (contre 8 à 10 % dans un système conventionnel) pour profiter à plein de ses nombreux effets bénéfiques.

Quasi indispensable pour les conversions en grandes cultures
Des rendements à peine inférieurs au conventionnel
La marge brute en bio est souvent supérieure à celle du conventionnel en raison de rendements soit équivalents soit légèrement inférieurs de l’ordre de 1 t de matière sèche à l’hectare (à rapprocher du rendement cible de 13 t en conventionnel) alors que les prix sont quant à eux sensiblement supérieurs.
Ainsi Biocentre, dans une enquête auprès de céréaliers du Centre,relève un rendement moyen de 11.2 t/ha en moyenne sur 3 années. Quant à la marge directe elle se situe sur le même échantillon entre 700 et 800 €/ha.

La difficile question de la valorisation
Attractive sur le plan agronomique la luzerne n’en a pas moins besoin de débouchés. Dans plusieurs régions commencent à s’organiser des échanges entre éleveurs et céréaliers selon un principe gagnant/gagnant. Les éleveurs sont en effet à la recherche d’une meilleure autonomie protéique (à l’échelle du territoire) à un prix attractif pour un aliment aux qualités nutritionnelles et sanitaires reconnues.
Le céréalier bio quant à lui peut tirer un revenu de sa luzerne qui est aussi et surtout un facteur de production pour l’ensemble de son exploitation notamment en période de conversion.

Quelques recommandations spécifiques
Pour le choix variétal : il s’opère en consultant les résultats d’essais.
On consulte ensuite la base www.semences-biologiques.org. Si la variété désirée existe en bio, il faut la choisir. Si elle n’existe pas en bio on peut faire une demande de dérogation pour une utilisation en semences conventionnelles non traitées.
Cette demande de dérogation doit être réalisée et si possible avant achat.
Des surfaces en progression continue
Pour le semis de la luzerne sous orge de printemps, préferer le stade tallage afin de limiter le risque que la luzerne dépasse l’orge de printemps ce qui permet en plus de faire un deuxième passage de herse étrille sur l’orge. Si l’on veut semer la luzerne plus tôt au printemps pour éviter les risques de sec, mieux vaut alors s’orienter sur un semis sous couvert de céréales d’hiver (triticale de préférence ou blé d’hiver).
Pour les semis sous couvert, privilégier un semis à la volée avec rampe d’épandage (type nodet DP12) ou bien semis en ligne au semoir à disque.
Attention au sol nu d’été et de printemps pour lesquels l’enherbement est plus difficile à contrôler qu’avec les semis sous couvert.
Les 10 bonnes raisons qui plaident en faveur de la culture biologique de la luzerne
Qualités agronomiques
 
1. La luzerne fixe l’azote
La luzerne assimile directement l’azote atmosphérique. La dégradation de son système racinaire au moment de son retournement permet de restituer cet azote sur plusieurs années. C’est une donnée fondamentale en grandes cultures biologiques où les apports d’azote de synthèse sont interdits et où les apports organiques restent onéreux. 
 
2. La luzerne favorise la vie microbienne du sol
Par son système racinaire profond et puissant, la luzerne favorise la porosité du sol et ainsi le développement de la vie microbienne impliquée notamment dans les processus de dégradation de la matière organique.
 
3. La luzerne étouffe les adventices
La luzerne est une culture dense qui reste en place en moyenne trois ans en grandes cultures biologiques. La biomasse aérienne de la culture couplée à son exploitation favorise l’épuisement d’une proportion importante d’adventices difficilement controlables dans le reste de la rotation. Ceci est vrai en particulier pour les vivaces (chardons et rumex).
 
4. La luzerne structure le sol
Grâce à son système racinaire et sa pérennité, au moins trois ans, la luzerne limite les risques d’érosion par la couverture qu’elle forme
en hiver.
 
5. La luzerne est une excellente tête de rotation
La pratique des rotations de longue durée (7 à 8 ans) est l’une des bases de l’agriculture biologique. En effet, les rotations longues et diversifiées permettent de limiter les risques sanitaires, de diminuer le recours aux intrants azotés et de faciliter la maîtrise des adventices.
En assurant une partie de l’alimentation azotée des cultures et en favorisant le contrôle des adventices, la luzerne est un bon moyen d’allonger la durée de la rotation. L’alternance de légumineuses et de cultures exigeantes en azote est essentielle pour gérer la fourniture azotée. Pour cela, les légumineuses, qui fixent l’azote de l’air, peuvent représenter 40 % à 50 % de la rotation, proportion dans laquelle la luzerne représente la moitié.
 
Atouts économiques
 
6. La luzerne est une culture permettant une transition sécurisée vers l’agriculture biologique
Les qualités agronomiques de la luzerne ainsi que le faible écart de rendement entre la luzerne conventionnelle et la luzerne bio font d’elle une culture idéale pour la période délicate de conversion en agriculture biologique. Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’il y a une meilleure valorisation de la luzerne dès la deuxième année de conversion.
La luzerne est une bonne transition vers l’agriculture biologique sur la base d’un vrai projet agronomique et économique durable.
 
7. La luzerne, un bon effet précédent
Le graphique ci-dessous montre que le coût de production d’un blé précédent luzerne est souvent plus faible que celui des autres blés.
Ceci s’explique par des reliquats azotés en moyenne plus élevés ainsi qu’en raison d’un nombre inférieur de désherbages mécaniques.
Par ailleurs, le rendement d’un blé de luzerne est généralement plus élevé qu’avec un autre précèdent. Pour toutes ces raisons, la luzerne présente un avantage économique considérable dans la rotation.
 
8. La luzerne : une source de protéine végétale unique
En zone de climat tempéré, seule la déshydratation permet aujourd’hui de conserver au mieux la luzerne et de pouvoir ainsi la stocker et la valoriser. Les balles et granulés de luzerne issus de ces usines constituent une source de protéine végétale unique pour les élevages, et une source de protéines végétales de proximité garantie sans OGM.
 
9. La luzerne bio satisfait une demande croissante
La plus value accordée à la luzerne bio par les usines de déshydratation, due à la demande croissante de la part des acheteurs, participe à rendre la culture de luzerne bio attractive.
 

10. La luzerne est une culture économiquement intéressante
La meilleure valorisation de la luzerne bio par rapport à la luzerne conventionnelle est d’autant plus intéressante économiquement que l’écart de rendement entre ces deux itinéraires techniques reste faible.
UN DES EMBLÈMES DE L'AGRICULTURE DURABLE