SITE_LUZERNE 2013-2
La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !
Récolte et conservation
Des chantiers de Pros
L'approvisionnement est le 1er critère d'éfficacité d'un site industriel
L’optimisation du fonctionnement d’un outil industriel passe par la maîtrise de son approvisionnement. Afin d’assurer une marche de l’usine la plus régulière possible, gage d’un moindre nombre d’incidents ou d’arrêts toujours coûteux, les récoltes des luzernières ont lieu durant les périodes de fonctionnement de l’usine c’est-à-dire 24 heures/24 la plupart du temps.

L’assurance d’un compromis entre quantité et qualité sur l’ensemble d’une campagne et la nécessaire optimisation de la logistique et de la matière sèche en vue de limiter les coûts de transport d’eau, qui sera finalement évaporée, nécessite d’organiser les récoltes en :

  • tenant compte de l’état de végétation au démarrage de la campagne,
  • intégrant la localisation des parcelles et préservant la pérennité des luzernières (et en particulier des plus jeunes),
  • tenant compte de l’accessibilité des par¬celles pour le matériel de récolte (selon les types de sols et la climatologie).

En général, les luzernières de première année sont récoltées après les plus anciennes (deuxièmes et troisièmes années). Ce choix permet aux plantes issues des semis d’un an d’achever le développement de leur système racinaire qui est aussi l’organe de réserve qui assurera leur pérennité.

Les intervalles de coupe sont de l’ordre de 40 à 50 jours, ils varient en fonction des conditions de végétation et des qualités de luzerne recherchées en réponse aux différents cahiers des charges. Les parcelles coupées précocement permettent d’avoir accès à des luzernes de haute valeur protéique et énergétique, elles pourront subir une coupe supplémentaire ou être libérées plus tôt à l’automne pour l’implantation d’un blé. A l’inverse les luzernes coupées en cycle plus tardif seront destinées à la production de balles de luzerne en brins longs avec pour principal objectif la teneur en fibres.


Exemple d'une coopérative: LUZEAL
En pratique, les usines du groupe LUZEAL déshydratent du lundi matin 5H au dimanche matin 5H sans s’arrêter. C’est pourquoi une bonne organisation des chantiers est stratégique pour le fonctionnement optimal des usines. Il faut qu’elle soit approvisionnée en continu sans que la luzerne soit stockée trop longtemps sur le carreau (ou elle perdrait de ses qualités en s’échauffant) et sans rupture bien évidemment, les fours ne pouvant être arrêtés intempestivement ni tourner à vide.

Les différents chantiers de plaine tournent ainsi :
  • 7/7 jours pour la fauche et l’andainage. - Les samedis et dimanches pour faire l’avance pour le lundi matin soit 50 à 200 ha d’avance correspondant selon la météo à 0,5 à 2 jours de préfanage
  • Du lundi 5h au samedi 21h pour la récolte à raison de 90 à 130 ha par jour.
Plusieurs paramètres rentrent en ligne de compte pour l’organisation des chantiers. L’inter-coupe doit être comprise entre 42 et 50 jours pour maximiser le rendement, gage de rentabilité pour l’adhérent et pour obtenir une qualité commerciale optimale. La météo et le stade végétatif sont des facteurs pris en compte au quotidien, sachant que l’on vise un taux de matière sèche (MS) rentré à l’usine compris entre 40 et 55% (pour une moyenne annuelle comprise entre 35 et 40%).
Une intervention supplémentaire: l'andainage
Le séchage au champ avec la fauche à plat entraîne une intervention supplémentaire : l’andainage

Avec la généralisation du préfanage une nouvelle étape est apparue avec l’andainage. En effet, auparavant les faucheuses déposaient directement la luzerne en andains qui étaient ramassés dans la foulée.

La fauche à plat permet d’augmenter la dessiccation naturelle de la luzerne en répartissant le fourrage sur toute la surface du sol au lieu de le laisser en andains qu’il faut donc confectionner en une seconde étape environ 24h00 après la coupe.

Les gains moyens constatés permettent d’économiser jusqu’à 30 % d’énergie.
Le gibier et la faune sauvage en question
Minimiser les dégâts sur le gibier est une préoccupation des opérateurs de la filière. La luzerne est en quelque sorte victime de son succès puisqu’elle héberge plus d’animaux que les cultures voisines. Les professionnels cherchent en permanence des systèmes d’effarouchement et/ou d’évitement des animaux au moment de la récolte.

De nombreux essais ont été réalisés notamment avec les fédérations de chasseurs et l’office de la chasse et de la faune sauvage. Des matériels sophistiqués (caméra thermiques, laser, radar à micro-ondes,…) ont été testés sans grande efficacité jusqu’ici.

En 2012, la profession a néanmoins mis au point un nouveau plan de fauche consistant à ne détourer (à vitesse réduite) que 3 bordures, la 4ème n’étant fauchée qu’en tout dernier. Cette bordure devant se trouver proche d’un couvert ce qui permet au gibier de s’échapper. En effet une grande majorité des animaux se trouve dans les 15 premiers mètres des parcelles.

Le chantier type pour une plaine de 3600 Ha
Chaque conducteur de véhicule possède un plan parcellaire comme celui-ci pour se repérer
Chaque conducteur de véhicule possède un plan parcellaire comme celui-ci pour se repérer
  • Le matériel
Fauche :
2 tracteurs de 300 CV en conduite inversée + 2 faucheuses 7 m. L’organisation du travail est en 3X8h pour permettre une adaptation en continu de l’avance de fauche par rap¬port à l’andainage.

Andainage :
2 tracteurs de 140 CV + andaineurs de 9.5 m. Poste en 3X8 h qui permet d’adapter l’avance par rapport à la récolte.

Récolte :
2 récolteuses de 600 CV à sellette (qui permettent d’atteler la remorque derrière).

  • Le personnel
Par poste de 8h :
3 faucheurs-andaineurs en fonction de l’avance (ex 2 faucheurs et 1 andaineur ou 1 faucheur et 2 andaineurs).
1 à 2 récolteurs (si 1 récolteur, toujours le matin pour faire l’entretien sur les autres récolteuses et limiter les quantités rentrées à l’usine alors qu’il y a de l’humidité matinale. 3 à 8 chauffeurs de camions en fonction de l’éloignement du chantier de récolte de l’usine.

UNE PHYSIOLOGIE
HORS DU COMMUN