SITE_LUZERNE 2013-2
La Luzerne est menacée.Tenez-vous informés !
Luzerne et Nutrition
Les atouts nutritionnels
L’alimentation, qu’elle soit animale ou humaine, comporte plusieurs volets. L’aliment doit apporter à son consommateur de l’énergie, des protéines, des minéraux et des substances de croissances (vitamines, oligo-éléments…).
Pour assurer une bonne alimentation de ses animaux, l’éleveur recherchera des matières premières qui apporteront ces nutriments et qui seront indemnes de substances anti-nutritionnelles ou toxiques. C'est le mélange des différentes matières premières qui permettra d’élaborer une ration (à la ferme) ou un aliment complet (chez le fabricant) en apporterant aux animaux les différents nutriments nécessaires de façon équilibrée

Utilisation des différents constituants de la luzerne
La notion de fibrosité chez les ruminants fait encore aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches à travers le monde, notamment avec l’objectif de proposer un système d’unité de mesure de ce paramètre.À l’heure actuelle plusieurs outils d’évaluation sont proposés (indice de fibrosité en France, valeur de structure en Belgique et aux Pays-Bas, NDF efficace aux Etats-Unis), mais aucun ne rencontre une adhésion totale de la communauté scientifique.
La notion de fibrosité chez les ruminants fait encore aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches à travers le monde, notamment avec l’objectif de proposer un système d’unité de mesure de ce paramètre.À l’heure actuelle plusieurs outils d’évaluation sont proposés (indice de fibrosité en France, valeur de structure en Belgique et aux Pays-Bas, NDF efficace aux Etats-Unis), mais aucun ne rencontre une adhésion totale de la communauté scientifique.
L'énergie est un des principaux nutriments apportés par l’alimentation. L’énergie contenue dans la luzerne par la matière organique est diversement valorisée selon les espèces.

Alors que les contenus cellulaires sont totalement digérés, les parois cellulaires (ou fibres) composées de cellulose, d’hémicellulose et delignines présentent des digestibilités variées. Les parois cellulaires constituent toutefois l'essentiel de l'énergie disponible chez la luzerne.

Cette source d'énergie est valorisée par les herbivores. Cette énergie est estimée en laboratoire par la mesure de la dMO (digestibilité de la matière organique) : plus cette valeur sera élevée, plus la luzerne contiendra d'énergie. Les luzernes les plus jeunes (et les plus riches en protéines) sont celles qui contiennent le plus d'énergie.

En général (chez la vache laitière par exemple), on recherche des luzernes ayant des valeurs énergétiques les plus élevées possibles.



Constance et régularité
La luzerne est connue pour sa production de protéines à l'hectare (de 2,5 à 3 t/ha). Cela en fait une culture de choix pour tous les élevages.

Tous les consommateurs de luzerne déshydratées valorisent ces protéines, les besoins sont modulés selon les espèces et leurs stades physiologiques :

Ainsi les vaches laitières hautes productrices auront des besoins de luzerne à plus de 22 % de protéines alors qu'on limitera le taux protéique chez les lapins à 17 %.



Les parois cellulaires (structurées sous forme de fibres dans la plante) sont le constituant le moins digestible des luzernes. Le métabolisme digestif des herbivores nécessite la présence de fibres végétales plus ou moins grossières dans la ration (les monogastriques ont aussi cette exigence mais à un degré relativement moindre). Ces fibres se caractérisent par une fraction chimique (cellulose) et/ou par une présentation physique (brins longs).

Selon les animaux consommateurs, la demande portera sur la garantie du critère chimique et/ou du critère physique : ainsi chez le lapin les fabricants d’aliments composés recherchent des luzernes apportant un maximum de cellulose brute alors que chez les gros ruminants conduits de façon intensive, cette « cellulose brute » devra être structurée en « brins longs » pour être efficace.


La teneur en cellulose brute décroît avec l'élévation de la teneur en protéines des luzernes déshydratées. Par ailleurs, le critère cellulose brute tend à être de moins en moins utilisé en nutrition animale, pour être remplacé par les critères NDF, ADF et ADL qui permettent de quantifier trois types de fibres (les hémicelluloses, la cellulose et les lignines).

Traditionnellement utilisée depuis de nombreuses années dans de nombreux pays, la luzerne déshydratée est une source reconnue de xanthophylles naturelles et de carotène. Ces caroténoïdes ont des propriétés pigmentantes et vitaminiques. Ces molécules très fragiles, sensibles à la lumière et à l’oxydation font l’objet de soins très attentifs au moment de la rrécolte.

Les carotènes et les xanthophylles sont très proches d’un point de vue chimique. Les xanthophylles sont valorisées en aviculture pour la pigmentation en jaune des oeufs et des poulets de chair (peau et pattes). Les propriétés du carotène sont avant tout à rechercher dans le domaine de la santé (en tant que précurseur de la vitamine A notamment) et de la fertilité.

Afin de proposer des produits encore plus riches demandés par le marché, des procédés d’extraction plus ou moins complexes sont mis en oeuvre dans les usines de déshydratation.

Également riches en matières minérales (dont le taux varie dans le même sens que la teneur en protéines), les luzernes déshydratées permettent un apport de calcium (nécessaire à l’entretien du squelette et jouant un rôle dans la régulation du fonctionnement du rumen en tant que substance tampon), de phosphore facilement assimilable (par rapport au phosphore contenu dans les céréales), de magnésium et de potassium (intervenant dans la régulation des échanges inter-cellulaires), ainsi que divers oligo-éléments. Ces teneurs vont aussi être influencées par les sols et les fertilisations pratiquées.
Disponibilité tout au long de l'année
Disponible toute l'année
Disponible toute l'année
La déshydratation de la luzerne facilite le stockage, la conservation et le transport de la matière première et, donc, la possibilité d’approvisionnement tout au long de l’année.

Comme la commercialisation est assurée par les déshydrateurs, la gestion des stocks est facilitée, ce qui réduit d’autant le risque de pénurie. C’est important pour les animaux, qui peuvent ainsi bénéficier d’apports réguliers : en effet, le système digestif ne supporte pas facilement les changements brutaux de régime alimentaire, surtout chez les animaux les plus performants. 

Composition constante et approvisionnement régulier sont particulièrement appréciés par les formulateurs et les nutritionnistes, donc les acheteurs.
 
Sécurité alimentaire "naturelle"
L’une des particularités de la luzerne est d’être cultivée avec un minimum d’intrants phytosanitaires.

Le risque de présence de résidus est donc naturellement réduit. L’utilisation de boues résiduaires comme fertilisant est très réglementée par la profession qui interdit tout apport en «couverture» c’est-à-dire sur les parties aériennes qui seront récoltées : là encore, pas de risque de contamination. Le processus de déshydratation est ensuite conduit à haute température, ce qui détruit la flore microbienne potentiellement dangereuse. 

La recherche variétale sur la luzerne n’emprunte pas les voies de la biotechnologie végétale et des organismes génétiquement modifiés (voire l'article sur la sélection variétale). Elle convient donc pour toutes les filières garanties sans OGM.

Comme tous les acteurs de l’alimentation animale, ceux de la filière luzerne déshydratée appliquent les principes des Guides de Bonnes Pratiques. Les entreprises sont certifiées sous différents cahiers des charges nationaux ou internationaux relatifs à ces guides. Ces démarches sont d’autant plus assurées que la filière qui va du champ à l’animal est courte, ce qui facilite la mise en place d’une traçabilité efficace. La filière luzerne est donc en mesure de participer à la réponse des filières animales aux enjeux de sécurité sanitaire demandées par les consommateurs.
La luzerne jusqu'à l'assiette
Même si l’homme ne consomme pas de luzerne (ou si peu), certains des nutriments présents dans la luzerne vont être ingérés par les consommateurs à travers la consommation de produits animaux ayant ingéré de la luzerne.

Dans certains cas, ces nutriments peuvent être très utiles. Dans le cas des xanthophylles apportées dans l’alimentation des pondeuses, la lutéine est un des pigments constituant ces xanthophylles qui va être directement transféré dans le jaune d’oeuf pour lui donner sa couleur. Cette lutéine a un rôle de défense dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge de l’oeil, maladie qui touche la rétine après 50 ans.

Le corps humain ne peut pas synthétiser les acides gras essentiels (oméga 3 et oméga 6). Nous devons donc en consommer suffisamment pour couvrir nos besoins :
    • soit par le biais d’aliments qui en contiennent assez
    • soit en ayant recours à des compléments alimentaires spécifiques. 
Des acides gras sont essentiels à de nombreux processus biochimiques importants, au niveau des cellules (constitution et intégrité des membranes cellulaires), du système cardiovasculaire et du cerveau. Ils participent à la défense de l’organisme contre les agressions, notamment infectieuses, en intervenant entre autres dans la régulation des processus inflammatoires.

Notre alimentation contemporaine est trop riche en oméga 6 et pas assez riche en oméga 3 (un rapport de 1 à 15 alors que les nutritionnistes recommandent un rapport de 1 à 5 maximum). Au même titre que les fourrages et le lin, la luzerne contient une plus forte proportion d’acides gras oméga 3.
Les animaux ayant consommé ces matières premières plus riches vont avoir des produits à profil mieux équilibré en acides gras oméga 3. La consommation régulière de ces produits animaux permet de compenser le déséquilibre de notre alimentation. Ainsi de façon indirecte, la consommation de produits animaux issus d’élevages utilisant la luzerne déshydratée peut avoir une action bénéfique spécifique sur la santé des citoyens.

A ce titre, la luzerne déshydratée adhère à l’association Bleu-Blanc-Coeur dont l’objet est de promouvoir une alimentation saine procurant un rapport oméga 3 sur oméga 6 favorable.
 
La luzerne et les AOP
Gage de typicité, les AOP sont des enjeux majeurs en termes d’identité et de développement territorial, mais aussi pour les producteurs en termes de valorisation de leur production.

En effet les AOP sont régies par des cahiers des charges rigoureux portant sur les conditions de production et de transformation.
L’alimentation, premier facteur de variation de la qualité des produits animaux détient une part importante dans les cahiers des charges d’AOP.

En plus de ses qualités nutritionnelles intrinsèques, la place de la luzerne déshydratée dans les cahiers des charges AOP est renforcée par la volonté de l’interdiction progressive des tourteaux de soja OGM.

La luzerne déshydratée est très présente dans des appellations comme le Roquefort, le Comté ou plus prés des zones de production comme le Chaource ou le Brie.
Satisfaire le besoin en fibres des ruminants
Les ruminants ont besoin de fibres, plus encore dans les élevages à haut niveau de production, pour lutter contre une perturbation du système digestif qui peut conduire à la
mort, l’acidose.
Pour une ration chez un bovin, il existe deux composantes de fibrosité: la fibrosité chimique, quantifiée par la teneur en NDF (NDF/MS > 35 %), et la fibrosité physique évaluée par la taille moyenne des particules (TP > 4 mm), ou la proportion de MS retenue à un tamis de 2 mm (P2 > 50 %). Il est possible de chercher à combiner ces deux types de critères.
Les critères de fibrosité sont très importants dans la mesure où ils déterminent l’activité masticatoire et, de ce fait, le recyclage des tampons dans le rumen, qui contribuent à en diminuer l’acidité. 

Les chercheurs du monde entier tentent encore de proposer un système de mesure unique, mais Français, Néerlandais et Américains (les plus actifs en la matière) ne sont pas encore d’accord.
UNE CULTURE DE CHOIX
POUR TOUS LES ELEVAGES